Le marché immobilier est-il de nouveau immobilisé par le reconfinement ?

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Un reconfinement est synonyme de nouvelles restrictions quant à la nature des transactions immobilières qu’il est possible de réaliser. Le marché de l’immobilier n’étant pas considéré comme de première nécessité, des contraintes lui sont imposées qui ralentissent sa fluidité, notamment l’interdiction des visites de logement en présentiel. Toutefois, certaines mesures lui permettent de mieux supporter ce nouveau confinement afin d’être moins immobilisé et surtout de ne pas être à l’arrêt.

Déménagements ou signatures d’actes de vente autorisés

Si pendant toute la durée du confinement, les visites de logement, l’une des activités centrales du secteur de l’immobilier, sont interdites, les restrictions liées au marché de l’immobilier sont néanmoins davantage assouplies qu’au printemps 2020.

Ainsi, les déménagements restent possibles. Il suffit pour ce faire d’être muni d’un justificatif de l’entreprise de déménagement, ou de l’acte de vente (ou nouveau bail) s’il est effectué en autonomie.

De même, les signatures de compromis ou acte de vente non réalisables à distance peuvent toujours avoir lieu si elles sont accomplies, soit sur rendez-vous chez le notaire, soit chez les acquéreurs et vendeurs sur déplacement de ce dernier.

Par ailleurs, les locataires peuvent toujours faire des états des lieux, et les visites virtuelles de biens mises en place lors du premier confinement reprennent.

 

Des recherches de logement qui se poursuivent

Toutes ces mesures ont permis d’éviter un effondrement des recherches et donc de l’activité immobilière. L’agence Century 21 révèle ainsi que son site ne connait que 15 % de perte de fréquentation contre 70 % durant le premier confinement.

Une étude menée par le PAP (portail d’annonces immobilières) indique par ailleurs que, comparativement à la semaine pré-confinement, 85,1 % des acheteurs et 82,3 % des locataires recherchaient toujours un logement lors de la première semaine de confinement. Au printemps, ces chiffres n’étaient que de 47,7 % pour les acheteurs et 41,9 % pour les locataires.

Toutefois, étant donné le contexte économique très incertain, les experts estiment à 110 000 les transactions qui devraient être figées, voire annulées suite au confinement. Les chiffres de ventes de l’année 2020 devraient donc s’élever à 900 000, contre 1,1 million pour 2019 (année record). Ces chiffres ne devraient pas affecter les prix de l’immobilier à la baisse, même si les experts confirment leur ralentissement.

Une bonne réussite des visites virtuelles

Les visites virtuelles mises en place au cours du premier confinement comme remède à l’interdiction des visites en présentiel sont désormais régulièrement utilisées.

Les résultats du premier confinement ont montré leur efficacité :

  • Les vendeurs ayant choisi cet outil ont obtenu 67 % de vues et 76 % de contact en plus que ceux qui ne l’utilisaient pas
  • La suppression des annonces (qui correspond généralement à l’effectuation des ventes) avec visite virtuelle était, lors du déconfinement, plus rapide de 15 jours que celles qui n’en comportaient pas

Il convient néanmoins de relativiser leur succès si l’on tient compte des achats effectifs de biens qu’elles engendrent. Laurent Vimont, président de Century 21, précise ainsi que « pendant le premier confinement, ce ne sont même pas 1 % de nos clients qui ont acheté à partir de visites virtuelles ». C’est aisément compréhensible, acheter un bien sans même l’avoir visité (réellement) constitue un pari trop risqué pour être pris.

Les visites virtuelles ont ce mérite de permettre une présélection des biens destinée à faciliter la réalisation des ventes immobilières lors du déconfinement. Par ailleurs, elles sont un véritable atout pour la location qui est moins engageante que l’achat. 38 % des locataires potentiels déclarent ainsi être prêts à signer un bail à partir d’une visite virtuelle.