Le secteur de l’artisanat du bâtiment fortement touché par la crise

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L’activité du bâtiment s’est effondrée au deuxième trimestre 2020, et enregistre un recul de 24 %. Les artisans aimeraient conserver leurs salariés, mais la reprise est marquée par de nombreuses incertitudes.

Artisanat du bâtiment : une baisse historique de l’activité

L’activité avait déjà reculé de 12 % à la fin du premier trimestre, en raison de la mise en place des mesures de confinement. Au deuxième trimestre, la chute est historique, avec un recul de 24 % de l’activité.

La reprise partielle dès le mois d’avril a permis de sauver certaines entreprises, mais avec 80 % d’entre elles à l’arrêt total à la fin du premier trimestre, le redémarrage a été très graduel. Début juillet, la capacité de production des entreprises artisanales du bâtiment atteignait seulement les 85 %.

Le corps de métier le plus impacté par la crise est celui de l’aménagement-décoration-plâtrerie, avec un recul de 28 % par rapport au second trimestre 2019. La maçonnerie s’en sort un peu mieux, avec une baisse de 19 %, d’après les chiffres communiqués par la Capeb, la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment.

Au deuxième trimestre 2020, l’activité a baissé de 22 % dans la construction neuve, et le recul est encore plus important dans le secteur de l’entretien-rénovation, avec une baisse de 25 %.

L’effondrement du secteur de l’artisanat du bâtiment au deuxième trimestre 2020, s’il est général et impacte tous les corps de métier, est toutefois inégal selon les régions. Ainsi, la chute la plus importante de l’activité a eu lieu en Île-de-France, avec -30 %, tandis qu’elle était un peu moins sévère sur la façade Atlantique, avec -22 % pour les Pays de la Loire et la Nouvelle-Aquitaine, et 21 % pour la Bretagne.

Une reprise chaotique pour l’artisanat du bâtiment

Si 95 % des chantiers étaient ouverts au 29 juin, 78 % seulement avaient retrouvé un taux niveau d’activité normal.

Les entreprises artisanales du bâtiment font face à plusieurs obstacles : d’une part, elles sont confrontées à des problèmes d’approvisionnement, et sont régulièrement en rupture de matériaux pour achever les chantiers. D’autre part, les particuliers, dans un contexte économique incertain, préfèrent ne pas entamer de grands travaux, ce qui impacte 20 % des entreprises artisanales.

« La crise du Covid-19 a provoqué un choc inédit bien supérieur à celui de la crise de 2009 », a déclaré Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, à l’occasion d’une conférence de presse. « Pour le 2e semestre, les artisans se veulent optimistes et espèrent garder leurs salariés et maintenir toutes les compétences dans leurs entreprises. Cependant, la réalité que nous avons scénarisée fait état d’une baisse d’activité sur l’année 2020 comprise entre 15 et 17 %, soit une perte de 20 000 à 30 000 emplois », a-t-il poursuivi.

Ce scénario dépend toutefois en grande partie de l’évolution de la situation sanitaire.