Logement : le chauffage au gaz proscrit pour le neuf dès l’été 2021

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La nouvelle RE (réglementation environnementale) qui prendra bientôt effet, à l’été 2021, n’a pas bousculé l’information, focalisée sur la crise sanitaire. Pourtant, elle aura des conséquences directes sur la vie des Français. La RE acte « la disparition progressive des logements neufs chauffés au gaz » jusqu’à son interdiction selon les mots de la ministre de la Transition écologique, et pourrait conduire par la suite à une hausse du prix final du chauffage au gaz.

 

Objectif n° 1 : réduire la consommation énergétique des bâtiments neufs de 30 %

La France, en retard en matière de rénovation énergétique de son parc de bâtiments (public et privé), décide d’accélérer le mouvement d’après la RE 2020, dont l’entrée en vigueur est prévue à l’été 2021. Cette dernière vise en effet une réduction immédiate de 30 % de la consommation énergétique des logements neufs.

Deuxième émetteur de gaz à effet de serre après le secteur des transports en France, les bâtiments devront de plus voir leurs émissions réduites de 30 % d’ici à 2030 ‒ les méthodes de construction étant incluses dans ce pourcentage.

C’est l’application de ces objectifs, correspondant à une politique déjà suivie par la Suède, les Pays-Bas ou encore le Royaume-Uni, qui obligera les constructeurs du BTP à abandonner l’installation du chauffage à gaz.

Ces mesures devront permettre une meilleure isolation des logements, notamment en période estivale et en tenant compte du réchauffement climatique. La réglementation prévoit ainsi qu’ils ne devraient pas dépasser plus de 25 jours par an au maximum des températures de 30 °C le jour et 28 °C la nuit.

Un seuil maximal d’émissions de CO2 à respecter

Le chauffage au gaz représente aujourd’hui l’énergie utilisée dans 21 % des maisons neuves et 75 % des habitations collectives neuves. L’été prochain, toute nouvelle maison, tout nouveaux bureau ou bâtiment d’enseignement disposera d’une source d’énergie différente.

Les appartements neufs pourront encore et jusqu’en 2024 être chauffés au gaz. En effet, les énergies alternatives (réseau de chaleur, biomasse, pompe à chaleur collective, etc.) ne sont actuellement pas assez développées pour alimenter ce type d’hébergements.

La RE 2020 n’interdit pas directement le chauffage au gaz, mais les normes d’émissions de CO2 qu’elle impose sont de fait trop limitées pour continuer à l’accueillir. Les maisons neuves ne pourront ainsi émettre que 4 kg de CO2 par m² chaque année.

Les logements collectifs auront quant à eux un seuil fixé à 14 kg par m² et par an, au moins jusqu’en 2024. Ce seuil leur permettra de continuer à recevoir le chauffage au gaz, mais seulement s’ils bénéficient d’une isolation très efficace.

La crainte d’un report sur le chauffage électrique

Les gaziers, directement impactés par cette nouvelle règlementation, redoutent une surcharge du réseau électrique durant les périodes de basses températures.

En effet, même si l’objectif d’une réduction de 30 % de consommation énergétique pour les bâtiments neufs limitera les besoins de ces derniers, ils devront tout de même être suffisamment chauffés pour supporter les fraîcheurs hivernales.

La réglementation semble toutefois anticiper ce problème puisqu’elle fixe un seul maximal de consommation d’énergie primaire non renouvelable (dont l’électricité fait partie). La ruée sur l’énergie électrique ne devrait donc pas avoir lieu et les alternatives au gaz seront donc prioritairement vertes : réseau ou pompe à chaleur, chaudière à granulés bois...

Une augmentation du prix du gaz ?

Chaque année, seul 1 % du parc de logements existants est constitué d’habitats neufs. La consommation du gaz sera donc tout d’abord faiblement impactée par ces nouvelles mesures et le prix du gaz ne devrait pas évoluer dans l’immédiat.

Pourtant, en mettant un terme aux nouveaux raccordements au réseau gazier, la RE 2020 pourrait provoquer l’inflation du gaz. La raison étant que le coût mutualisé de cette énergie sera partagé par un nombre décroissant de clients.